Créer une société

Création de société à Dubaï : quelle structure pour quelle activité

Le choix entre zone franche, mainland et offshore ne se joue pas sur le prix de la licence. Il se joue sur ce que vous vendez, à qui vous le facturez, et sur le nombre de résidences que la structure doit porter — avec des contraintes que le prix de constitution, à lui seul, ne montre jamais.

Comparer les trois structures

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3 régimes Zone franche, mainland, offshore
Régimes possibles
3
Zone franche, mainland, offshore
Impôt sur les sociétés au-delà du seuil
9 %
Au-delà de AED 375 000 de bénéfice imposable
Pour activer le compte bancaire
6 à 10 sem.
Entre le dépôt d’un dossier complet et l’activation
D’écart possible sur trois ans
×2
Entre deux structures affichées au même prix de constitution

Ordres de grandeur repris du dossier ci-dessous. Ils décrivent un mécanisme, pas votre projet.

Commencez par la facture, pas par la licence

À retenir

Si votre client final est une entreprise, un particulier ou une administration installés aux Émirats, la mainland est en pratique la seule voie pour lui facturer directement. Si vos clients sont à l’étranger, une zone franche couvre la quasi-totalité des cas. Une société offshore, elle, ne facture rien : c’est un véhicule de détention.

Trois questions, posées dans cet ordre, éliminent la moitié des options en dix minutes. Qui paie votre facture, et dans quel pays cette entité est-elle enregistrée ? Combien de personnes doivent obtenir une résidence émiratie par cette société ? Avez-vous besoin d’un local que des clients, des fournisseurs ou des inspecteurs viennent voir ?

La première réponse tranche entre zone franche et mainland. La deuxième fixe la taille de la licence et, avec elle, l’essentiel du coût annuel. La troisième décide s’il vous faudra un bail commercial enregistré ou si un poste de travail partagé suffira. Le prix de la constitution, lui, n’arrive qu’ensuite — et il est le moins discriminant des critères.

La licence détermine l’activité, jamais l’inverse. Vous ne créez pas « une société à Dubaï » puis vous décidez de ce que vous vendez. Vous retenez une ou plusieurs activités dans la nomenclature de l’autorité qui émet la licence, et c’est cette liste — pas votre site, pas votre plaquette — qui définit ce que vous avez le droit de facturer. Un client sérieux demandera copie de la licence avant de signer, et votre banque la relira à chaque revue de dossier.

Chacun des trois régimes a sa page ici : la société en zone franche, la société mainland et la société offshore, auxquelles s’ajoute le volet comptabilité et fiscalité qui, lui, s’applique aux trois.

Le tableau de décision

Les trois régimes, sans emballage

Ce tableau ne compare pas des prix : ils changent d’une zone à l’autre et d’un trimestre à l’autre. Il compare ce que chaque régime autorise et ce qu’il impose, c’est-à-dire ce qui ne bouge pas.

Zone franche, mainland et offshore — ce que chaque régime autorise
CritèreZone francheMainlandOffshore
Détention étrangèreIntégrale, depuis toujoursIntégrale sur la plupart des activitésIntégrale
Facturer un client établi aux ÉmiratsIndirectement : distributeur, succursale ou double licenceDirectement, sans intermédiaireNon
Marchés publics et grands donneurs d’ordre locauxRarement accessiblesAccessiblesNon
Visas de résidenceQuota fixé par la zone, lié à la licence et à la surfaceQuota lié à la surface du bail enregistréAucun
Local exigéPoste de travail partagé accepté dans beaucoup de zonesBail commercial enregistré à l’EjariAucun
Impôt sur les sociétés9 % au-delà du seuil ; 0 % sur le revenu qualifiant si le régime s’applique9 % au-delà du seuilÀ examiner : dépend de la résidence fiscale et de la substance
Compte bancaire localCourant, dossier exigeantCourant, dossier exigeantDifficile en pratique, souvent refusé
Comptabilité et auditComptes obligatoires ; audit exigé par certaines zonesComptes obligatoiresComptes obligatoires, usage limité
Usage habituelConseil, services, logiciel, négoce internationalCommerce, restauration, travaux, santé, clients émiratisDétention de parts, d’un bien ou d’un portefeuille

Faites défiler le tableau horizontalement.

Ce que le tableau ne dit pas : à l’intérieur de la colonne « zone franche », les écarts entre autorités sont plus grands qu’entre une zone franche et une mainland. Une licence délivrée par une zone reconnue des banques et une licence délivrée par une zone généraliste bon marché ne donnent pas accès aux mêmes établissements, ne portent pas les mêmes quotas de visas et ne se renouvellent pas au même prix.

Résidences

Le quota de visas ne dépend pas de votre chiffre d’affaires

Il dépend de l’espace que vous occupez et du type de licence. Une licence de zone franche sans bureau dédié ouvre droit à un quota plafonné, généralement à une poignée de visas. Au-delà, il faut louer un bureau, et le quota se calcule alors au prorata de la surface. En mainland, le principe est identique : le quota suit la surface du bail enregistré à l’Ejari, et l’administration vérifie que le local existe.

Chaque résidence a un coût récurrent que les budgets initiaux oublient : frais d’immigration, examen médical, Emirates ID, assurance santé à la charge de l’employeur, renouvellement. Une structure dimensionnée pour huit résidents coûte structurellement plus cher qu’une structure pour un dirigeant seul, indépendamment de son chiffre d’affaires. Nous dimensionnons le quota sur l’effectif réellement prévu à dix-huit mois, pas sur une ambition.

Le détail des titres de séjour, de leurs seuils et de la règle d’absence — qui n’est pas la même selon le titre — est traité dans la section visas et résidence.

Banque

La banque est le goulot d’étranglement, pas la licence

La licence s’obtient en quelques jours dans beaucoup de zones franches. Le compte bancaire, lui, se compte en semaines : prévoyez six à dix semaines entre le dépôt d’un dossier complet et l’activation du compte, davantage si l’actionnariat passe par une holding étrangère, si l’activité touche au négoce, aux actifs numériques ou à des juridictions sous surveillance renforcée.

La banque vous demandera l’origine des fonds, le parcours professionnel de chaque actionnaire, des contrats ou des factures prouvant que l’activité existe ailleurs que sur le papier, une preuve d’adresse, et parfois un plan d’affaires chiffré. Elle imposera ensuite un solde minimum et facturera des frais mensuels si vous passez dessous. Un refus se rattrape mal : le dossier repart à zéro ailleurs, avec une question de plus à laquelle répondre.

Attention

Le choix de la zone franche se fait aussi sur son acceptation bancaire. Une licence moins chère délivrée par une autorité peu connue peut coûter deux à trois mois de retard sur l’ouverture du compte — un arbitrage que le prix affiché ne montre jamais.

Le dossier bancaire, ses pièces et les motifs de refus les plus fréquents sont détaillés sur la page ouvrir un compte bancaire à Dubaï.

Fiscalité

L’impôt sur les sociétés s’applique aussi en zone franche

Depuis l’entrée en vigueur de la loi fédérale n° 47 de 2022, les sociétés émiraties relèvent d’un impôt sur les sociétés au taux de 9 % au-delà d’un seuil de bénéfice imposable de AED 375 000, le taux étant de 0 % en deçà. Le barème est marginal : franchir le seuil n’impose pas rétroactivement l’ensemble du bénéfice.

Une société de zone franche n’en est pas dispensée d’office. Elle peut relever du régime de personne qualifiée en zone franche et voir son revenu qualifiant imposé à 0 %, mais ce régime se mérite : activités éligibles limitativement définies, substance réelle aux Émirats, plafond de revenu non qualifiant à ne pas franchir, comptes audités. En pratique, une société de conseil qui facture des clients européens depuis un poste de travail partagé et dont le dirigeant passe six semaines par an sur place n’est pas en position confortable pour revendiquer ce statut. C’est la partie la plus mouvante du dispositif, et celle à réexaminer à chaque exercice selon votre situation.

Résidence fiscale personnelle

Créer une société aux Émirats ne vous sort pas du foyer fiscal de votre pays de départ. Tant que votre résidence fiscale personnelle n’a pas changé — et elle se prouve, elle ne se décrète pas — les revenus de la structure peuvent rester imposables là où vous vivez, et votre administration d’origine a son mot à dire sur la sortie. Ce volet se traite avec un conseil du pays de départ, avant la création, jamais après.

Le mécanisme complet de l’impôt, les exonérations et le calendrier déclaratif sont traités sur la page impôt sur les sociétés aux Émirats.

Substance

La substance : ce que l’administration et la banque regardent

Substance veut dire : des décisions prises aux Émirats, par des personnes présentes aux Émirats, avec des moyens qui existent. Concrètement, un local réel même petit, un dirigeant qui y passe du temps, au moins un salarié ou un dirigeant salarié, des contrats et des factures qui correspondent aux activités inscrites sur la licence, des relevés bancaires cohérents avec l’activité déclarée, et un registre des bénéficiaires effectifs tenu à jour.

Aucune de ces exigences ne se rattrape après coup. Elles se conçoivent au moment où l’on choisit la structure, parce que ce sont elles qui déterminent le coût annuel — et parce qu’une banque, un partenaire ou une administration qui les cherche et ne les trouve pas en tire des conclusions rapides.

Budget

Coût de constitution contre coût annuel : l’arbitrage le plus mal fait

Le prix de la première année est le chiffre le plus visible ; ce n’est pas celui qui compte. Le chiffre qui compte est celui de la troisième : renouvellement de licence, loyer ou poste de travail, frais d’immigration par visa, assurance santé, comptabilité, audit lorsque la zone l’exige, déclaration d’impôt sur les sociétés, déclarations de TVA le cas échéant, frais bancaires et solde minimum immobilisé.

Deux structures affichées au même prix de constitution peuvent diverger d’un facteur deux sur trois ans, selon la zone, le quota de visas et l’obligation d’audit. Le comparateur de structures reprend ces postes ligne par ligne, pour que l’arbitrage se fasse sur le coût de détention et non sur le prix d’appel.

Le dossier

Quatre situations, quatre réponses

Chaque cas mène à une page qui traite le régime en détail : ce qu’il autorise, ce qu’il coûte et ce qu’il interdit.

Vos clients sont hors des Émirats

Société en zone franche

Conseil, services, logiciel, négoce international : la zone franche couvre la quasi-totalité de ces cas, avec une détention étrangère intégrale et un quota de visas dimensionné à la demande.

Vos clients sont aux Émirats

Société mainland

Commerce de détail, restauration, travaux, santé, marchés publics ou facturation directe d’entreprises locales : seule la licence mainland ouvre le marché intérieur sans intermédiaire.

Vous ne facturez rien

Société offshore

Détenir des parts, un bien ou un portefeuille, préparer une transmission : l’offshore est un véhicule de détention, sans visa, sans bureau et sans accès au marché local.

Une fois la société créée

Comptabilité et fiscalité

Tenue de comptes, TVA, impôt sur les sociétés, audit : les obligations annuelles et les échéances dont l’oubli se paie en pénalités.

Questions fréquentes sur la création de société à Dubaï

Peut-on créer une société à Dubaï sans y résider ?

Oui. La constitution et la détention du capital ne supposent aucune résidence préalable, et la plupart des autorités acceptent une signature à distance. L’ouverture du compte bancaire, elle, demande presque toujours au moins un déplacement. Créer sans venir est possible ; exploiter sans venir l’est beaucoup moins, et le régime fiscal favorable suppose une présence réelle.

Faut-il encore un associé émirati ?

Plus dans la majorité des cas. La détention étrangère intégrale est devenue la règle sur la plupart des activités mainland, et elle a toujours été la règle en zone franche. Une liste d’activités dites à impact stratégique reste soumise à des conditions particulières : elle se vérifie activité par activité avant le dépôt, jamais après.

Combien de temps avant d’être réellement opérationnel ?

La licence s’obtient en quelques jours à quelques semaines selon l’autorité. Le visa de résidence suit, puis l’Emirates ID. Le compte bancaire est l’étape longue et conditionne tout le reste : tant qu’il n’est pas ouvert, la société existe juridiquement mais n’encaisse rien.

Une zone franche dispense-t-elle de l’impôt sur les sociétés ?

Pas automatiquement. Le taux de 0 % sur le revenu qualifiant est un régime conditionnel, pas un attribut de la zone : il suppose des activités éligibles, une substance réelle aux Émirats et des comptes audités, et il se perd si l’une des conditions cesse d’être remplie. À réexaminer selon votre situation, chaque exercice.

Peut-on transformer une société de zone franche en société mainland ?

On ne la transforme pas. On ouvre une succursale mainland, on constitue une seconde entité, ou l’on recourt au dispositif de double licence quand la zone en a conclu un avec l’administration économique de Dubaï. Chaque voie a un coût et des conséquences comptables : c’est pourquoi la question du marché visé se pose avant la première licence.

Quel budget annuel faut-il prévoir ?

Il dépend de la zone, du nombre de visas, de la surface occupée et de l’obligation d’audit. Le poste le plus sous-estimé n’est pas la licence mais l’ensemble visas, assurance santé et local, qui progresse par paliers dès le deuxième collaborateur. Ces postes se chiffrent ligne par ligne avant la constitution, pas après.

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Faire valider votre structure avant de déposer le dossier

Décrivez votre activité, vos clients et le nombre de résidences à porter. Nous vous disons quelle structure tient, laquelle ne tient pas, et ce que coûtera la troisième année.

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