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Banque et fiscalité
Fiscalité à Dubaï : le cadre réel, des deux côtés
Aux Émirats arabes unis, une personne physique ne supporte pas d’impôt sur le revenu. Votre situation n’en devient pas simple pour autant : elle devient double. Les Émirats imposent certaines opérations et pas d’autres, et la France continue de vous demander des comptes tant que vous n’êtes pas réellement sorti de son foyer fiscal.
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- Impôt sur le revenu des personnes physiques
- 0
- À l’échelon fédéral, pour les résidents
- Impôt sur les sociétés au-delà du seuil
- 9 %
- Au-delà de AED 375 000 de bénéfice imposable
- TVA sur les opérations taxables
- 5 %
- En vigueur depuis 2018
- Frais d’enregistrement d’un achat immobilier
- 4 %
- Dubai Land Department, sur la valeur retenue
Taux et seuils : valeurs de travail en cours de vérification, datées de septembre 2026. Ils décrivent un mécanisme, pas votre dossier.
Les Émirats n’imposent pas le revenu des personnes physiques, mais imposent les entreprises à 9 % au-delà d’un seuil de bénéfice et appliquent une TVA de 5 %. Une société de zone franche peut voir son revenu qualifiant taxé à taux nul, sous conditions strictes, et reste tenue de s’immatriculer et de déclarer. Le point décisif pour un lecteur français n’est aucun de ces trois-là : c’est que la résidence fiscale ne se décrète pas, elle se prouve, et que la France a son mot à dire tant qu’elle n’a pas constaté votre départ.
Le régime
Ce que les Émirats imposent, et ce qu’ils n’imposent pas
Le régime fiscal émirien tient en trois affirmations. La quatrième est celle qu’on oublie.
Il n’existe pas d’impôt fédéral sur le revenu des personnes physiques. Salaire, dividendes, loyers perçus en nom propre, plus-value privée : rien de tout cela n’est imposé aux Émirats. Il n’y a pas davantage de cotisations sociales pour un salarié expatrié du secteur privé, le régime de retraite émirien visant les nationaux et les ressortissants du Conseil de coopération du Golfe. La contrepartie est rarement anticipée : vous n’accumulez aucun droit à retraite localement.
Les entreprises, elles, sont imposées. Depuis la loi fédérale n° 47 de 2022, le bénéfice imposable d’une société établie aux Émirats supporte un impôt dont le taux est nul jusqu’à un seuil et de 9 % au-delà. Le barème est marginal : franchir le seuil n’expose pas rétroactivement la totalité du bénéfice.
La TVA existe depuis 2018, au taux de 5 %. Elle frappe la plupart des opérations réalisées aux Émirats par une entreprise immatriculée, avec des opérations à taux zéro et des opérations exonérées qui ne sont pas la même chose : la distinction décide de votre droit à récupérer la TVA d’amont.
Et il reste des prélèvements locaux que personne ne vous annonce. Les frais d’enregistrement d’un transfert de propriété au Dubai Land Department, de l’ordre de 4 % de la valeur retenue, en sont un. La taxe municipale sur le logement, prélevée par douzièmes sur la facture d’électricité et d’eau, en est un autre : elle ne s’appelle pas impôt, elle se paie tous les mois, et elle surprend systématiquement les nouveaux arrivants.
| Revenu ou opération | Personne physique résidente | Société établie aux Émirats |
|---|---|---|
| Salaire versé par un employeur émirien | Non imposé | Charge déductible du bénéfice |
| Dividendes reçus | Non imposés | Régime de participation, sous conditions |
| Loyers d’un bien détenu en nom propre à Dubaï | Non imposés | Compris dans le bénéfice imposable |
| Plus-value de revente d’un bien privé | Non imposée | Comprise dans le bénéfice imposable |
| Bénéfice d’une activité exercée en nom propre | Imposable au-delà d’un seuil de chiffre d’affaires | Sans objet |
| Ventes de biens ou de services taxables | Selon l’activité exercée | TVA à 5 % au-delà du seuil d’immatriculation |
| Achat d’un bien immobilier | Frais d’enregistrement de 4 % au Dubai Land Department | Mêmes frais |
| Logement occupé en location | Taxe municipale prélevée sur la facture d’électricité | Sans objet |
Faites défiler le tableau horizontalement.
Sociétés
L’impôt sur les sociétés : le seuil compte moins que l’assiette
La discussion se concentre presque toujours sur le taux de 9 % et sur le seuil de AED 375 000. Ce n’est pas là que se joue la facture. Ce qui la détermine, c’est l’assiette : le bénéfice imposable part du résultat comptable, puis subit des retraitements — charges non déductibles, opérations entre parties liées à ramener au prix de marché, intérêts, provisions. Une comptabilité approximative fait découvrir l’impôt au moment de la déclaration, c’est-à-dire trop tard pour agir dessus.
Deuxième point, celui qui coûte des pénalités : l’immatriculation auprès de l’administration fiscale est due même lorsque le taux applicable est nul — société de zone franche, société en sommeil, société créée en fin d’exercice. Le détail du régime est traité dans la page consacrée au corporate tax à 9 %, et le simulateur corporate tax et TVA chiffre un ordre de grandeur sur vos propres hypothèses.
Zone franche
La zone franche n’est pas une exonération automatique
Le régime de la zone franche qualifiante — qualifying free zone person — permet d’imposer le revenu qualifiant à taux nul. Les conditions sont cumulatives : une substance économique réelle aux Émirats, des revenus tirés d’activités figurant sur la liste des activités qualifiantes, un revenu non qualifiant contenu sous un plafond, une documentation de prix de transfert tenue à jour, et l’absence d’option pour le régime de droit commun.
Le cas qui revient le plus souvent dans nos dossiers : une société de conseil en zone franche qui facture des clients du mainland émirien. Ce chiffre d’affaires n’est en principe pas qualifiant. Sous le plafond, le régime tient ; au-delà, la société perd le bénéfice du taux nul, et pas seulement pour l’exercice en cours. Le choix entre zone franche et mainland se fait donc sur la nature de votre clientèle : voir la société en zone franche aux Émirats et le comparateur de structures.
TVA
La TVA concerne plus d’entreprises qu’on ne le croit
Trois idées fausses circulent. Chacune coûte une pénalité.
« Ma société est en zone franche, donc pas de TVA »
Une zone franche n’est pas automatiquement une zone désignée au sens de la TVA.
« Je facture à l’étranger, donc je ne suis pas concerné »
L’export peut relever du taux zéro, qui est un régime de TVA, avec ses obligations.
« Je n’achète rien localement »
Les services achetés à un prestataire étranger relèvent de l’autoliquidation.
Seuils, périodicité, distinction entre taux zéro et exonération et erreurs fréquentes sont détaillés dans la page TVA aux Émirats arabes unis.
Le point décisif
La résidence fiscale ne se décrète pas, elle se prouve
C’est la partie de ce dossier qui produit le plus de redressements. Trois qualifications se superposent, et elles sont indépendantes les unes des autres.
Un titre de séjour émirien n’est pas une résidence fiscale émirienne. Les Émirats ont défini leurs propres critères : lieu de résidence habituel et centre des intérêts personnels et économiques aux Émirats, ou présence physique au-delà d’un nombre de jours sur une période de douze mois, ou présence plus courte assortie de conditions supplémentaires tenant au logement ou à l’activité. Un détenteur de visa qui passe l’essentiel de l’année ailleurs ne remplit aucun de ces critères, et il n’obtiendra pas de certificat de résidence fiscale.
Une résidence fiscale émirienne ne met pas fin d’elle-même à la résidence fiscale française. La France applique ses propres critères de domiciliation, alternatifs et non cumulatifs : le foyer, le lieu de séjour principal, l’activité professionnelle, le centre des intérêts économiques. Un seul suffit. Conserver un logement à disposition de la famille, une activité dirigeante, ou l’essentiel de son patrimoine productif en France suffit souvent à maintenir le rattachement, quels que soient les tampons sur le passeport.
La convention fiscale n’intervient qu’ensuite. Quand les deux États vous considèrent comme résident, c’est la convention qui départage, selon une série de critères hiérarchisés — foyer d’habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité. Pour l’invoquer, il faut produire un certificat de résidence fiscale émirien. Sans ce document, la discussion n’a pas lieu.
La cession de titres avant expatriation peut déclencher l’imposition des plus-values latentes prévue par le dispositif dit d’exit tax, au-delà d’un seuil de détention, avec un sursis de paiement sous conditions. Les revenus de source française — les loyers d’un immeuble situé en France au premier chef — restent imposables en France. Et la protection sociale n’est pas automatique : quitter le régime français ouvre la possibilité d’une adhésion volontaire à la Caisse des Français de l’étranger, ce n’est ni un maintien de droits, ni une formalité rétroactive. Ces trois points se traitent avec un conseil fiscal en France, en amont du départ.
En pratique, un départ qui tient est un départ documenté : bail à votre nom, factures de services, relevés d’un compte local, preuves de présence, et une cohérence entre ce que dit votre dossier et ce que montre votre calendrier. Le jour où l’administration les demande, ces pièces sont la seule chose qui compte.
Méthode
L’ordre dans lequel les choses se font
Six étapes, dans cet ordre. Les inverser est la cause la plus fréquente des mois perdus que nous voyons arriver en rattrapage.
Obtenir la résidence, pas seulement le visa
Le titre de séjour et l’Emirates ID ouvrent le parcours. Ils ne font pas de vous un résident fiscal émirien : deux régimes distincts, et la confusion la plus coûteuse de ce dossier.
Ouvrir le compte bancaire
L’étape la plus longue, et celle qui fait dérailler les calendriers. Elle se compte en semaines, davantage pour un compte d’entreprise, et un refus se rattrape mal.
Immatriculer la société auprès de l’administration fiscale
Due même lorsque le taux applicable est nul. Un taux de 0 % n’est pas une dispense de déclaration, et c’est sur ce point que les jeunes structures se font reprendre.
Surveiller le seuil de TVA en continu
Il s’apprécie sur les douze derniers mois glissants et sur les trente jours à venir. Une société qui signe un gros contrat peut devoir s’immatriculer avant d’avoir encaissé.
Documenter votre présence effective
Bail à votre nom, factures d’électricité, relevés locaux, cachets d’entrée et de sortie, scolarité. Ces pièces ne valent rien tant que personne ne les demande, et tout le jour où on les demande.
Traiter la sortie du foyer fiscal français
Avec un conseil en France, en parallèle des cinq précédentes et non après. Certaines décisions, en particulier la cession de titres, ne se rattrapent pas une fois le départ acté.
Les deux premières étapes dépendent de sujets traités ailleurs sur le site : la résidence et les visas aux Émirats d’un côté, l’ouverture du compte bancaire de l’autre. Si votre activité se fait entièrement en ligne, la page comparant les néobanques et les banques en ligne des Émirats indique ce qu’un établissement de paiement peut réellement faire, et ce pour quoi une banque de dépôt reste indispensable.
Questions fréquentes sur la fiscalité aux Émirats
Vivre à Dubaï suffit-il à ne plus payer d’impôt en France ?
Non. Tant que la France vous considère comme domicilié fiscalement chez elle, elle impose vos revenus mondiaux. Le domicile fiscal français s’apprécie sur des critères de fait — foyer, séjour principal, activité professionnelle, centre des intérêts économiques — et il suffit qu’un seul soit rempli. Un départ mal documenté produit une double imposition, pas une exonération.
Le visa de résidence fait-il de moi un résident fiscal émirien ?
Non, ce sont deux qualifications distinctes. La résidence fiscale émirienne obéit à ses propres critères de présence et de centre des intérêts, et se matérialise par un certificat délivré sur demande par l’administration émirienne. Beaucoup de détenteurs d’un titre de séjour n’en remplissent aucun.
Les loyers d’un appartement acheté à Dubaï sont-ils imposés ?
Un particulier résident ne supporte pas d’impôt émirien sur ces loyers ; détenus par une société, ils entrent dans son bénéfice imposable. Et si vous restez résident fiscal français, ces loyers se déclarent en France selon la convention applicable : l’absence d’impôt local ne vaut pas absence de déclaration.
À quoi sert le certificat de résidence fiscale ?
Il atteste auprès d’une administration étrangère que vous êtes résident fiscal des Émirats pour une période donnée. Sans lui, vous ne pouvez pas utilement invoquer une convention fiscale. Il se demande une fois les conditions réunies et documentées, pas le jour où un contrôleur pose la question.
Que se passe-t-il si je garde un bien immobilier en France ?
Les revenus d’un immeuble situé en France y restent en principe imposables, même pour un résident des Émirats, et un bien resté à votre disposition peut contribuer à vous y rattacher fiscalement. C’est l’un des points sur lesquels un départ apparemment propre se défait : à examiner avant, pas après.
Le reste du dossier banque et fiscalité
Banque
Ouvrir un compte bancaire à Dubaï
Fiscalité
Corporate tax : le régime à 9 %
Fiscalité
TVA aux Émirats : 5 % et seuils d’immatriculation
Outil
Simulateur corporate tax et TVA
Structuration
Créer une société aux Émirats
Conseil francophone
Faire valider votre situation avant de la figer
Résidence fiscale, choix de structure, seuil de TVA : ces trois décisions se prennent ensemble et se corrigent mal séparément. Décrivez votre situation, nous vous dirons ce qui tient et ce qui ne tient pas.